Les 3 phases de la detox
Neil Goffart
Neil Goffart
Dinde de Noël, bûche glacée, raclette, champagne du nouvel an… Après les fêtes de fin d’année, on se sent ballonné et on a du mal à retrouver un transit intestinal correct. C’est le moment parfait pour entamer une détox et nettoyer son foie.Découvrez aujourd’hui quelles sont les 3 phases détoxet faites le plein de vitamines grâce à nos conseils.
La détoxification hépatique est, comme son nom l’indique, un moyen de purifier son corps grâce au foie. Concrètement, c’est une succession de réactions métaboliques, qui permettent à l’organisme de transformer les toxines en des dérivés qu’il peut éliminer facilement par le tube digestif (fèces et bile), la peau et le sébum, les poumons, les reins et l’urine.
Pourquoi qualifie-t-on la détox d’hépatique ? Bien que les cellules intestinales et rénales aient un rôle à jouer dans la purification, c’est surtout les cellules du foie, appelées hépatocytes, qui réalisent la détox.
Comment fonctionne la détox ? La majorité des substances toxiques sont liposolubles, c’est-à-dire qu’elle se dissolvent facilement dans les graisses et ne peuvent donc pas être transportées par le sang. Or, les capacités du foie peuvent parfois être saturées et celui-ci ne parvient alors plus à éliminer ces molécules néfastes au fur et à mesure. Elles se stockent donc dans les tissus adipeux (graisse périphérique) et provoquent une pollution enzymatique, la destruction de cellules et même d’organes. Le rôle de la détoxification est de solubiliser les toxines et les rendre hydrophiles, afin qu’elles soient plus solubles dans l’eau et que le foie puisse les éliminer.
Tout au long de l’année, mais plus spécifiquement après les fêtes de fin d’année, notre corps subit de gros dégâts au niveau du foie, dus à notre hygiène de vie (sommeil, activité physique) et en particulier à notre alimentation. Les mauvaises graisses, sels, sucres, alcools et autres excès intérieurs à notre organisme (appelés toxines), mais également les pesticides, polluants, métaux lourds et additifs (toxiques extérieurs), surchargent notre métabolisme de déchets, qui fonctionne alors au ralenti.
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Ces molécules polluantes, appelées xénobiotiques, sont censées être naturellement évacuées par notre organisme grâce à l’action de filtrage des émonctoires : foie, intestins, poumons, reins et même la peau. Ensemble, ils filtrent le sang et récupèrent les toxines pour les éliminer par la transpiration, les urines et les selles, notamment. Comme le liquide placentaire et le lait maternel peuvent servir de voie de sortie, la phase détox est déconseillée aux femmes enceintes ou allaitantes.
Un foie qui ne serait pas en bonne santé peut avoir de lourdes conséquences. Il est donc essentiel de laisser le métabolisme se reposer et de le nettoyer, au moyen d’une détox hépatique. Stimuler les organes émonctoires, drainer l’organisme et éliminer les toxines permettra de rééquilibrer votre corps et de retrouver de l’énergie, ce qu’on appelle le retour à l’homéostasie.
Grâce à une période de détox naturelle, vous pouvez alors travailler sur plusieurs objectifs selon vos besoins : perdre du poids, retrouver de l’énergie, diminuer votre stress et votre fatigue.
Officiellement, il existe deux phases dans la détoxification hépatique [1] : l’activation et la conjugaison. Cependant, on considère souvent une troisième phase, qui est le transport du métabolite et son élimination. Nous vous expliquons ces phases en détails.
Lors de la phase d’activation, les toxines liposolubles sont transformées en dérivés oxydés par trois réactions : l’oxydation, la réduction et l’hydrolyse par les systèmes enzymatiques complexes Cytochromes P450 (CYT). Les toxines ainsi oxydées restent cependant des radicaux libres instables et risquent de générer du stress oxydatif. Le glutathion, un antioxydant efficace, est ainsi chargé de protéger et stabiliser les réactions. Alors, les enzymes CYT [2], avec l’aide de cofacteurs (vitamines, zinc, magnésium…), vont catalyser des biotransformations endogènes (toxines) et exogènes (toxiques), chacune capable de métaboliser des substances néfastes (médicaments, alcool, pesticides, hormones…).
La prochaine étape est de transformer les nouveaux toxiques, afin de les rendre plus aisément éliminables. Les réactions de la phase de conjugaison vont permettre de fixer sur les métabolites intermédiaires un groupement hydrophile, c’est-à-dire qui favorise sa solubilisation dans l’eau. Cela va faciliter son élimination.
Durant la phase 2, plusieurs réactions enzymatiques vont se chevaucher pour assurer la greffe de différentes fonctions sur les dérivés ainsi oxydés :
Les molécules ainsi obtenues après la phase 2 doivent maintenant être transportées du foie jusqu’à la sortie du corps, pour y être éliminés définitivement. Ce sont la bile, les selles et l’urine, le sang et les reins qui vont permettre d’éjecter les déchets.Le transport protéique est facilité par l’alcalinisation des organes, ce que l’on peut obtenir en consommant des légumes et du citrate. Mais attention à ne pas en abuser.
Il existe plusieurs méthodes pour prendre soin de son foie et son organisme en général. Le plus important est de bien s’hydrater en buvant beaucoup d’eau, d’éliminer les toxines par la transpiration en pratiquant une activité physique régulière et d’adapter son régime alimentaire. Évitez la nourriture trop grasse et les aliments transformés et consommez de bonnes protéines, des fruits et légumes et des oméga-3.
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Que se passe-t-il après la période de détox ? Votre organisme ainsi nettoyé va subir un regain d’énergie, visible à tous les niveaux : peau et cheveux, muscles, articulations, respiration, transit intestinal, sommeil… Au début, il est possible que vous ressentiez un peu de fatigue et un moral fluctuant : c’est normal. La détoxification est un changement qui demande beaucoup d’énergie pour éliminer les déchets du corps. Pour conserver les effets bénéfiques de la détox le plus longtemps possible, évitez la junk food, buvez de l’eau et privilégiez des aliments sains.
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QUESTIONS FRÉQUENTES
La détoxification hépatique peut être décrite en trois grandes étapes de biotransformation. La phase I transforme certains composés, notamment grâce aux enzymes du cytochrome P450. La phase II réalise différentes réactions de conjugaison afin de modifier leur solubilité et leur réactivité. La phase III implique ensuite des transporteurs membranaires qui participent à leur export vers la bile ou le sang avant leur élimination. Ces phases constituent toutefois un modèle : toutes les substances ne suivent pas obligatoirement les trois étapes dans cet ordre.
Le glutathion participe à certains mécanismes de phase II, notamment à travers des réactions de conjugaison catalysées par les glutathion-S-transférases. Ces réactions peuvent faciliter la neutralisation et l’élimination de certains métabolites réactifs. Il faut toutefois distinguer cette voie de la sulfoconjugaison, qui utilise principalement des sulfotransférases et un donneur de sulfate appelé PAPS. Parler de « sulfoconjugaison par le glutathion » comme s’il s’agissait d’une seule et même réaction est donc biochimiquement imprécis.
La transpiration n’est pas une voie majeure d’élimination des déchets ou xénobiotiques par rapport aux reins et au tractus gastro-intestinal. Certaines substances peuvent être détectées dans la sueur, mais une revue physiologique approfondie conclut que la contribution des glandes sudoripares à leur élimination globale semble faible et qu’il n’existe pas de preuve solide d’un mécanisme permettant d’augmenter sélectivement cette élimination. L’activité physique reste bénéfique pour la santé, mais pas parce qu’elle « chasse les toxines » par la transpiration.
Certains aliments et composés alimentaires peuvent moduler l’activité d’enzymes impliquées dans la biotransformation, mais cela ne signifie pas qu’ils « nettoient » le foie. Une revue scientifique rapporte notamment des données concernant les légumes crucifères, les alliacées, certains agrumes et plusieurs phytonutriments. Les résultats proviennent toutefois d’un mélange d’études cellulaires, animales et humaines et les effets peuvent varier selon la dose, la génétique ou les interactions avec des médicaments. Une alimentation diversifiée reste donc préférable à une stratégie fondée sur quelques aliments « détox ».
Détoxivits associe actuellement notamment chardon-marie, pissenlit, artichaut, fumeterre et brocoli, ainsi que NAC, taurine, vitamines, zinc et sélénium. La posologie publique est de deux gélules par jour réparties sur deux repas pendant 10 à 15 jours. Certaines allégations relatives aux plantes restent sous statut européen « on hold » et peuvent être utilisées en Belgique sous conditions.
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