Les effets anti-nutritionnels du café
Neil Goffart
Neil Goffart
Le café, originaire des hauts plateaux d’Ethiopie, connait son boom de consommation depuis le 21ème siècle. Cette boisson « plaisir » est aujourd’hui banalisée comme boisson courante servant de prétexte pour un moment de pause « café », ou tout simplement, comme carburant matinal. Mais au fond, est-il pertinent de consommer abondamment ce bon breuvage ? Quelles sont les retombées d’une consommation excessive ?
La caféine est responsable des effets « santé » notables du café :
Certaines personnes consomment le café pour son effet dynamisant sans connaitre ses inconvénients sur le long terme. Cependant, d’autres nutriments peuvent dynamiser de manière durable votre organisme sans entrainer d’effets indésirables. Par exemple, la L-tyrosine (acide aminé naturel)
On distingue deux variétés principales de caféier : le robusta et l’arabica. Elles diffèrent principalement par leur qualité aromatique (celle de l’arabica est supérieure) et par leur teneur en caféine : pour 100g de matière sèche, l’arabica en contient entre 1200 et 1500mg et le robusta, de 2200 à 2600mg. Pour une tasse de 150ml, on compte : café moulu 80 à 90 mg ; instantané 60mg ; décaféine, 3mg.
Au-delà de plusieurs tasses de café (3 à 4 tasses/jours), la plupart des personnes expérimenteront des effets indésirables : nervosité, irritabilité, tremblements involontaires, baisse du niveau d’énergie ce qui conduit à vouloir prendre une autre tasse de café pour se « défatigué » et le cercle vicieux de l’addiction s’installe. Avec l’habitude, la caféine produit de moins en moins d’effets positifs (phénomène d’accoutumance), tout en ayant quand même des effets anti-nutritionnels et négatifs à long terme :
Une consommation de caféine sera déconseillée dans les cas suivants :
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QUESTIONS FRÉQUENTES
Oui, mais cet effet concerne surtout certains nutriments et certaines conditions de consommation. L’interaction la mieux documentée porte sur le fer non héminique, présent notamment dans les végétaux et certains aliments enrichis. Des études chez l’être humain montrent que le café consommé avec un repas peut diminuer son absorption, principalement en raison de ses composés polyphénoliques. Cela ne signifie pas pour autant qu’une consommation habituelle de café provoque systématiquement des carences nutritionnelles.
Oui, le café peut réduire significativement l’absorption du fer non héminique lorsqu’il est consommé avec un repas. Dans une étude clinique, une tasse de café prise avec un repas contenant un hamburger a diminué l’absorption du fer d’environ 39 %. D’autres expériences ont confirmé un effet dose-dépendant lié notamment aux polyphénols du café. Cet effet concerne principalement le fer non héminique et mérite une attention particulière chez les personnes ayant des besoins élevés ou un statut en fer insuffisant.
Oui, il est préférable d’éviter de prendre du café simultanément avec un repas riche en fer ou avec un complément de fer lorsque l’optimisation de l’absorption est importante. Un essai chez des femmes présentant une carence en fer a montré que la consommation de café diminuait de 54 % l’absorption d’un complément de fer dans les conditions étudiées. L’effet dépend néanmoins du repas, de la quantité de café et du statut martial individuel.
La caféine peut augmenter temporairement l’excrétion urinaire de calcium et de magnésium, mais cela ne signifie pas qu’une consommation habituelle de café provoque automatiquement une carence. Dans une petite étude métabolique, la caféine a entraîné une augmentation nette, mais modeste, des pertes urinaires de ces deux minéraux sur 24 heures. Ces résultats justifient davantage une attention portée à l’équilibre alimentaire global qu’une affirmation selon laquelle le café « épuise » systématiquement les réserves de magnésium ou de calcium.
Les données ne permettent pas d’affirmer simplement que le café bloque l’absorption des vitamines B1 et B6. Une grande étude observationnelle menée chez plus de 10 000 adultes a observé des concentrations circulantes plus faibles de vitamine B6, de folates et de riboflavine chez les grands consommateurs de café. Cependant, une association ne démontre ni une diminution de l’absorption intestinale ni une carence provoquée par le café. La relation spécifique entre café et vitamine B1 nécessite également davantage de données cliniques.
Il est plus pertinent de raisonner en milligrammes de caféine qu’en nombre de tasses, car la teneur varie beaucoup selon la préparation. Pour les adultes en bonne santé, l’EFSA considère que des apports jusqu’à 400 mg de caféine par jour ne soulèvent pas de problème de sécurité. À titre indicatif, l’EFSA estime environ 90 mg pour 200 ml de café filtre et 80 mg pour un espresso de 60 ml. La sensibilité individuelle peut toutefois être très différente.
Oui. Le moment de consommation compte autant que la quantité totale. L’EFSA indique qu’une dose unique d’environ 100 mg de caféine peut modifier la durée ou l’organisation du sommeil chez certains adultes, particulièrement lorsqu’elle est consommée à proximité du coucher. Une consommation totale compatible avec la limite de 400 mg par jour peut donc malgré tout perturber le sommeil lorsqu’une partie importante de la caféine est prise tard dans la journée.
Pendant la grossesse, l’EFSA considère qu’un apport total allant jusqu’à 200 mg de caféine par jour, toutes sources confondues, ne soulève pas de problème de sécurité pour le fœtus selon les données évaluées. Il est donc préférable de parler en milligrammes plutôt qu’en « nombre de tasses », puisque la quantité de caféine varie considérablement selon la taille, le grain et le mode de préparation. Thé, chocolat, boissons énergisantes et certains médicaments peuvent également contribuer à l’apport quotidien.
Au vu du rapport bénéfice/risque, le café se classe comme boisson conseillée en dégustation sans tomber dans une consommation journalière qui peut, à répétition, créer une fatigue prolongée due à un déficit en vitamines B et une déperdition urinaire de magnésium. Le goût du café doit rester unique et sera retrouvé dans des cafés de haute qualité bénéficiant d’arômes intéressants.
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