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Les effets anti-nutritionnels du café

Neil Goffart


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Le café, originaire des hauts plateaux d’Ethiopie, connait son boom de consommation depuis le 21ème siècle. Cette boisson « plaisir » est aujourd’hui banalisée comme boisson courante servant de prétexte pour un moment de pause « café », ou tout simplement, comme carburant matinal. Mais au fond, est-il pertinent de consommer abondamment ce bon breuvage ? Quelles sont les retombées d’une consommation excessive ?

Les effets positifs du café sur notre santé [1]

La caféine est responsable des effets « santé » notables du café  :

  • La caféine stimule le système nerveux : consommée en petites quantités, elle a un impact positif sur l’attention, la concentration et les performances intellectuelles [2] en favorisant la production de noradrénaline.
  • La caféine augmente le métabolisme, la mobilisation des sucres et des graisses. Et les capacités immédiates de dépense énergétique [3] (mais de manière transitoire et avec un risque de redescente en dessous du niveau de départ)
  • La caféine possède une action anti-migraine, et peut calmer la douleur.
  • La caféine favorise le transit intestinal et augmente la sécrétion d’acide gastrique, ce qui, chez certaines personnes, peut-être bénéfique, tandis que chez d’autres, cela sera source d’aigreurs et de brûlures d’estomac.
  • La caféine pourrait avoir un effet préventif sur les calculs biliaires [4].

Certaines personnes consomment le café pour son effet dynamisant sans connaitre ses inconvénients sur le long terme. Cependant, d’autres nutriments peuvent dynamiser de manière durable votre organisme sans entrainer d’effets indésirables. Par exemple, la L-tyrosine (acide aminé naturel)

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L'excès de café crée des déficits nutritionnels

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On distingue deux variétés principales de caféier : le robusta et l’arabica. Elles diffèrent principalement par leur qualité aromatique (celle de l’arabica est supérieure) et par leur teneur en caféine : pour 100g de matière sèche, l’arabica en contient entre 1200 et 1500mg et le robusta, de 2200 à 2600mg. Pour une tasse de 150ml, on compte : café moulu 80 à 90 mg ; instantané 60mg ; décaféine, 3mg.

Au-delà de plusieurs tasses de café (3 à 4 tasses/jours), la plupart des personnes expérimenteront des effets indésirables : nervosité, irritabilité, tremblements involontaires, baisse du niveau d’énergie ce qui conduit à vouloir prendre une autre tasse de café pour se « défatigué » et le cercle vicieux de l’addiction s’installe. Avec l’habitude, la caféine produit de moins en moins d’effets positifs (phénomène d’accoutumance), tout en ayant quand même des effets anti-nutritionnels et négatifs à long terme :

  • Des troubles du rythme cardiaque [5]
  • Au niveau digestif : amplification des sécrétions gastriques d’histamine, le déclencheur de la sécrétion d’acide chlorhydrique. Ce qui peut entrainer des brûlures d’estomac [6] ;
  • Au niveau nutritionnel : baisse de l’absorption de plusieurs vitamines du groupe B, en particulier B1 et B6. La vitamine B1 est importante pour le métabolisme énergétique, ce qui fait qu’à long terme le café, paradoxalement, fatigue. La vitamine B6 [7] est importante pour le contrôle des pulsions, et donc l’usage prolongé de cet excitant contribue à réduire la maitrise de soi. L’apparition de pulsions sucrées vont être observées. Les effets anti-nutritionnels sont d’autant plus important sachant que cette même caféine accroît l’élimination du magnésium [8] (qui permet entre autres, de calmer nos pulsions et notre stress) et du calcium;
  • Augmentation du stress oxydatif par deux mécanismes : l’augmentation de la dépense énergétique et la pénétration intracellulaire du fer [9] causée par une fuite de magnésium.

Les contre-indications de la caféine

Une consommation de caféine sera déconseillée dans les cas suivants :

  • Pendant le premier trimestre de la grossesse : la consommation de plus de 3 tasses par jour est associée à un risque de fausse couche. Pendant le reste de la grossesse, le café peut entrainer une accélération excessive du cœur du fœtus [10] ;
  • Si vous êtes sujet à des dérèglements du rythme cardiaques : le café peut déclencher ou aggraver des arythmies et des tachycardies ;
  • Si vous êtes sujet à des allergies alimentaires et à des allergies en général : l’histamine, augmentée par la caféine, favorise une inflammation du tube digestif et le passage d’éléments insuffisamment digérés dans le sang qui provoque des réactions.
  • Si vous êtes sensible au stress, et/ou à un déficit magnésien[11] ;
  • Si vous êtes sujet aux insomnies et aux éveils prolongés. Une consommation de café en fin de journée produira une excitation temporaire alors que notre corps devrait produire de la sérotonine enfin d’après-midi, afin de veiller à un sommeil paisible.
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QUESTIONS FRÉQUENTES

Questions fréquentes

Le café a-t-il réellement des effets anti-nutritionnels ?

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Oui, mais cet effet concerne surtout certains nutriments et certaines conditions de consommation. L’interaction la mieux documentée porte sur le fer non héminique, présent notamment dans les végétaux et certains aliments enrichis. Des études chez l’être humain montrent que le café consommé avec un repas peut diminuer son absorption, principalement en raison de ses composés polyphénoliques. Cela ne signifie pas pour autant qu’une consommation habituelle de café provoque systématiquement des carences nutritionnelles.

Le café diminue-t-il l’absorption du fer ?

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Oui, le café peut réduire significativement l’absorption du fer non héminique lorsqu’il est consommé avec un repas. Dans une étude clinique, une tasse de café prise avec un repas contenant un hamburger a diminué l’absorption du fer d’environ 39 %. D’autres expériences ont confirmé un effet dose-dépendant lié notamment aux polyphénols du café. Cet effet concerne principalement le fer non héminique et mérite une attention particulière chez les personnes ayant des besoins élevés ou un statut en fer insuffisant.

Faut-il éviter le café pendant les repas lorsqu’on manque de fer ?

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Oui, il est préférable d’éviter de prendre du café simultanément avec un repas riche en fer ou avec un complément de fer lorsque l’optimisation de l’absorption est importante. Un essai chez des femmes présentant une carence en fer a montré que la consommation de café diminuait de 54 % l’absorption d’un complément de fer dans les conditions étudiées. L’effet dépend néanmoins du repas, de la quantité de café et du statut martial individuel.

Le café fait-il perdre du magnésium et du calcium ?

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La caféine peut augmenter temporairement l’excrétion urinaire de calcium et de magnésium, mais cela ne signifie pas qu’une consommation habituelle de café provoque automatiquement une carence. Dans une petite étude métabolique, la caféine a entraîné une augmentation nette, mais modeste, des pertes urinaires de ces deux minéraux sur 24 heures. Ces résultats justifient davantage une attention portée à l’équilibre alimentaire global qu’une affirmation selon laquelle le café « épuise » systématiquement les réserves de magnésium ou de calcium.

Le café réduit-il l’absorption des vitamines B1 et B6 ?

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Les données ne permettent pas d’affirmer simplement que le café bloque l’absorption des vitamines B1 et B6. Une grande étude observationnelle menée chez plus de 10 000 adultes a observé des concentrations circulantes plus faibles de vitamine B6, de folates et de riboflavine chez les grands consommateurs de café. Cependant, une association ne démontre ni une diminution de l’absorption intestinale ni une carence provoquée par le café. La relation spécifique entre café et vitamine B1 nécessite également davantage de données cliniques.

Combien de café peut-on boire par jour ?

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Il est plus pertinent de raisonner en milligrammes de caféine qu’en nombre de tasses, car la teneur varie beaucoup selon la préparation. Pour les adultes en bonne santé, l’EFSA considère que des apports jusqu’à 400 mg de caféine par jour ne soulèvent pas de problème de sécurité. À titre indicatif, l’EFSA estime environ 90 mg pour 200 ml de café filtre et 80 mg pour un espresso de 60 ml. La sensibilité individuelle peut toutefois être très différente.

Le café peut-il perturber le sommeil même s’il est consommé en quantité modérée ?

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Oui. Le moment de consommation compte autant que la quantité totale. L’EFSA indique qu’une dose unique d’environ 100 mg de caféine peut modifier la durée ou l’organisation du sommeil chez certains adultes, particulièrement lorsqu’elle est consommée à proximité du coucher. Une consommation totale compatible avec la limite de 400 mg par jour peut donc malgré tout perturber le sommeil lorsqu’une partie importante de la caféine est prise tard dans la journée.

Quelle quantité de caféine est recommandée pendant la grossesse ?

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Pendant la grossesse, l’EFSA considère qu’un apport total allant jusqu’à 200 mg de caféine par jour, toutes sources confondues, ne soulève pas de problème de sécurité pour le fœtus selon les données évaluées. Il est donc préférable de parler en milligrammes plutôt qu’en « nombre de tasses », puisque la quantité de caféine varie considérablement selon la taille, le grain et le mode de préparation. Thé, chocolat, boissons énergisantes et certains médicaments peuvent également contribuer à l’apport quotidien.

Le café oui, mais comme boisson plaisir !

Au vu du rapport bénéfice/risque, le café se classe comme boisson conseillée en dégustation sans tomber dans une consommation journalière qui peut, à répétition, créer une fatigue prolongée due à un déficit en vitamines B et une déperdition urinaire de magnésium. Le goût du café doit rester unique et sera retrouvé dans des cafés de haute qualité bénéficiant d’arômes intéressants.

Sources

[1] Dr Jean-Paul Curtay & Dr Rose Razafimbelo, « Le guide familial des aliments soigneurs », Editions Albin Michel, 2005 ;p334-338.

[2] Is caffeine a cognitive enhancer? Nehlig A. J Alzheimers Dis. 2010;20 Suppl 1:S85-94. Review.
Effects of low doses of caffeine on cognitive performance, mood and thirst in low and higher caffeine consumers. Smit HJ, Rogers PJ. Psychopharmacology (Berl). 2000 Oct;152(2):167-73.

[3] Magkos F, Kavouras SA. Caffeine use in sports, pharmacokinetics in man, and cellular mechanisms of action. Crit Rev Food Sci Nutr. 2005;45(7-8):535-62.

[4] Leitzmann MF, Willett WC, et al. A prospective study of coffee consumption and the risk of symptomatic gallstone disease in men.JAMA. 1999 Jun 9;281(22):2106-12.
Ruhl CE, Everhart JE. Association of coffee consumption with gallbladder disease.Am J Epidemiol. 2000 Dec 1;152(11):1034-8.

[5] Panagiotakos DB, Pitsavos C, et al. The J-shaped effect of coffee consumption on the risk of developing acute coronary syndromes: the CARDIO2000 case-control study. J Nutr. 2003

[6] « Gastroesophageal Reflux Disease (GERD) », Cedars-Sinai

[7] DAKSHINAMUTRIK. Et al., « Neurobiology of pyridoxine », in « Vitamine B6 », Ann. NY Acad. Sci., 1990 ; 585 : 128-144.

[8] PORTA S. et al., «  Interaction between Magnesium and stress hormones in stress », Magnesium Bull., 1992 ; 14 :21-23.

[9] FORMAN H.J et al., « Inflammation, and overview », in DAVIES K.J.A., Oxidative damage and repair. Chemical, biological and medical aspects, Pergamon Press, Oxford, 1991 ; 636-641.

[10] Van der Hoeven T, Browne JL, Uiterwaal CSPM, van der Ent CK, Grobbee DE, Dalmeijer GW ; « Antenatal coffee and tea consumption and the effect on birth outcome and hypertensive pregnancy disorders » ; PLoS One. 2017 May 16;12(5):e0177619. doi: 10.1371/journal.pone.0177619. eCollection 2017.

[11] SELLIG M.S.,  «  Consequences of magnesium deficiency  on the enhancement of stress reactions ; preventive and therapeutic implications (a review) » J. Am. Coll. Nutr., 1994.

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